Pompiers de l’air et SP civils main dans la main

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Pompiers de l’air et SP civils main dans la main

Message par jsp13 le Ven 8 Sep 2006 - 19:02

Les pompiers de la base aérienne de Cazaux et les sapeurs-pompiers du Sdis de la Gironde ont organisé un exercice de plan rouge commun, le 3 juin 2005, en vue du meeting aérien prévu peu après. Ils entretiennent de bons rapport, d’autant plus que près de 80 % des « pompiers de l’air » sont également SP volontaires. D’autres services tels le Samu ou la gendarmerie de l’air ont également participé.

Texte > Flora Sauvage Photos > Christophe Dubois
Il est neuf heures du matin sur la base aérienne 120 située à Cazaux, en Gironde. Soudain, un avion de transport entre en collision avec un avion de chasse. L’Alphajet, l’avion de chasse, tombe sur le parking Fox et fait vingt victimes. L’avion de transport, le Noratlas, tombe sur l’aire à feu. Bilan : 30 victimes. C’est le scénario de l’exercice de plan rouge qui a réuni le 3 juin dernier le Sdis de Gironde, les pompiers de l’armée de l’air de la base aérienne, le Samu 33, le Smur local et la gendarmerie de l’air, peu avant le meeting aérien du 13 juin qui devait réunir 30 000 personnes. L’objectif est de rassembler toutes les unités qui interviennent dans les secours et de faire passer à une cinquantaine d’étudiants en médecine leur examen de médecine de catastrophe. Les « victimes », maquillées, sont éparpillées autour et à l’intérieur du Noratlas. Le centre militaire de contrôle donne l’alerte. Les pompiers de la SSIS, section de sécurité incendie et de sauvetage de la base, interviennent avec deux ensembles de secours aéronautiques et leurs moyens de secours à personnes. Le service médical de la base les rejoint avec ses ambulances. A cause du nombre important de victimes, le médecin-chef Philippe Guiguet, directeur des secours médicaux militaires, fait appel au renfort des secours civils auprès du médecin régulateur du Samu 33. Celui-ci déclenche le Service médical d’urgence (Smur) de l’hôpital d’Arcachon et demande la mise en place d’un plan rouge par la préfecture de la Gironde qui fait intervenir le Sdis 33.

Des véhicules incendie surpuissants
Dès leur arrivée sur l’aire à feu, les pompiers de l’air tentent d’éteindre l’incendie provoqué par la collision. En quelques minutes, c’est chose faite, grâce à leur véhicule incendie surpuissant. « Si l’on compare avec les autres SP, nous sommes en possession de véhicules mousse aérodrome qui peuvent déverser jusqu’à 9 000 litres d’eau (4 000 l / min.), si bien qu’en quelques minutes on a vidé notre camion», explique l’adjudant Stéphane Rabille, pompier de l’air à Cazaux depuis 1991. Les fumigènes à l’intérieur du Noratlas rendent l’intervention des pompiers difficile. Equipés de leurs ARI, ils s’engouffrent à l’intérieur pour évacuer les premiers passagers. L’objectif est de faire baisser la température dans l’avion pour pouvoir sortir les victimes. Peu à peu, les différents acteurs prennent leurs marques. Les 43 pompiers de l’air, les 10 sapeurs-pompiers du Sdis, les 6 médecins et la quarantaine d’étudiants en médecine se prêtent au jeu. L’occasion pour chacun de trouver sa place dans cet exercice grandeur nature. Le dernier entraînement de cet ampleur sur la base de Cazaux remonte au moins à une dizaine d’années. Une fois le plan spécialisé de secours des aérodromes déclenché, le préfet enclenche le plan rouge et nomme un officier du Sdis commandant des opérations de secours (COS), et le directeur du Smur d’Arcachon, directeur des secours médicaux (DSM). Ainsi, le commandant de la base perd son autorité au profit du COS, tout comme le médecin-chef de la base au profit du DSM. Ce plan rouge est également l’occasion de montrer les bonnes relations entretenues entre les sapeurs-pompiers du Sdis et les pompiers de l’air. « Il existe un protocole d’assistance mutuelle qui nous lie actuellement avec les sapeurs-pompiers du Sdis par l’intermédiaire du préfet », explique le major Ripoll, chef de la SSIS. Pendant longtemps, les pompiers de l’air ont manqué de reconnaissance, mais aujourd’hui les mentalités commencent à changer. « Cela ne fait pas très longtemps que nos compétences sont reconnues, les gens ne savent pas qu’il existe des pompiers professionnels sur les bases aériennes militaires, alors qu’on a le même cursus que tous les SPP », ajoute le major Ripoll.

Protocole d’assistance mutuelle
Les premiers pompiers de l’air sont nés après la Seconde Guerre mondiale. Formés par la Royal Air Force, ils disposent de leur propre centre de formation à Cazaux, le CFTSA. Aujourd’hui, il existe 33 SSIS en métropole et dans les Dom-Tom. Les pompiers de l’air respectent les GNR et petit à petit leurs camions abandonnent le kaki au profit du rouge vermillon. Pendant longtemps, la majeure partie des pompiers de l’air étaient des appelés du contingent. Mais depuis la professionnalisation de l’armée, ce sont maintenant des sapeurs-pompiers professionnels. Près de 80 % des pompiers de Cazaux sont également sapeurs-pompiers volontaires. L’adjudant Stéphane Rabille de la SSIS, et SPV à la Teste, rappelle qu’ils interviennent « en premier départ sur le bourg de Cazaux. Mais quoiqu’il arrive, on ne se substitue pas aux pompiers civils : dès qu’ils sont sur place ils reprennent le commandement des opérations ». D’après le capitaine Jean-Philippe Viallard, COS, il existe « une entente très cordiale entre les pompiers de l’air et les sapeurs-pompiers du Sdis ». Et le fait que la majeure partie des pompiers de l’air soient également SP volontaires permet une meilleure connaissance de l’autre et donc une meilleure entente sur les opérations. Si les protocoles d’assistance mutuelle sont récents, cela s ‘explique en partie par le fait que, pendant longtemps, les compétences des pompiers de l’air n’étaient pas reconnues. Aujourd’hui, il existe même des conventions de formation entre les sapeurs-pompiers du Sdis et ceux de l’armée de l’air.


La base aérienne 120 de Cazaux


Quelques chiffres
• 5 600 hectares dont 2 200 ha lacustres (équivalent à la moitié de la surface de Paris),
• 600 bâtiments,
• 53 000 m2 de chaussée aéronautique,
• 54 km de voie routière,
• 16 km de voie ferrée,
• 1 496 personnes travaillent sur le site dont environ 187 officiers, 829 sous-officiers, 382 militaires du rang engagés et volontaires et environ 98 civils,
• 1 000 tonnes de munitions sont manipulées chaque année sur la base,
• 50 000 mouvements (atterrissages et décollages) par an sur la piste de 2 400 mètres de long et 45 mètres de large.
• 52 millions d’euros sont dépensés chaque année dans la région, soit pour le fonctionnement de la base, soit pour les besoins des personnels et de leurs familles.

Principales missions
Cazaux accueille à la fois l’Ecole de transition opérationnelle des pilotes de chasse, la Mission de recherche et de sauvetage de combat (RESCO), le Centre de formation des techniciens de la sécurité de l’armée de l’air (CFTSA), un centre de tir et d’essai en vol et l’Ecole d’aviation de chasse de l’armée de l’air de Singapour. Le CFTSA est unique en son genre sur le territoire. Créé en 1946 pour former les pompiers de l’armée de l’air, il est spécialisé dans la lutte contre les incendies et il a vu ses missions évoluer avec la prise en compte du risque nucléaire, biologique et chimique. Pour former chaque année ses 1 700 stagiaires, le CFTSA dispose d’une aire à feu qui devrait, dès l’automne, être remplacée par une nouvelle aire à gaz, unique en Europe.



Les pompiers de l’armée de l’air: quelques repères

• Organisation
L’armée de l’air dispose d’unités spécialisées pour exécuter les missions de sécurité incendie, appelées « Escadrons de sécurité incendie et sauvetage » (ESIS). Ces ESIS sont structurés en tenant compte de l’importance de ces installations, de la nature des activités et de l’environnement des bases aériennes en métropole, dans les Dom-Tom et sur les opérations extérieures. Toutes les unités sont rattachées à l’un des grands commandements de l’armée de l’air, le Commandement des forces de protection et de sécurité de l’armée de l’air (CFPSAA).

• Les missions
Les mesures susceptibles d’être appliquées par les pompiers de l’air découlent directement des missions « opérationnelles » fixées par le chef d’état-major de l’armée de l’air. Les missions prioritaires comportent au premier rang la protection incendie dans le cadre de la mise en œuvre des armes nucléaires. Viennent ensuite toutes les missions relatives à la protection incendie des aéronefs ainsi que les mesures de sauvetage des équipages et des passagers, définies conformément aux textes nationaux et internationaux en vigueur. Les ESIS assurent également la protection incendie des personnes et des installations d’infrastructure des bases aériennes. Compte tenu des qualifications détenues, les pompiers de l’air assurent aussi, depuis 2004, le secours à victime sur les bases aériennes, en étroite collaboration avec les services médicaux militaires. L’armée de l’air dimensionne ses capacités afin de traiter essentiellement un début de sinistre et s’appuie en parallèle sur un travail important en matière de prévention incendie. En métropole, les ESIS sont régulièrement sollicités par les autorités civiles pour venir renforcer les moyens de secours civils lors de sinistres importants. Des protocoles d’accord existent avec certains Sdis pour permettre aux populations civiles situées aux abords des bases aériennes de bénéficier de ces moyens de secours.

• Les moyens
Les pompiers de l’armée de l’air représentent environ 1 800 personnes réparties en 17 officiers, 600 sous-officiers et 1 180 militaires techniciens de l’air. Il existe 32 ESIS en métropole et quatre dans les Dom-Tom ou en Afrique. 320 véhicules de lutte contre l’incendie équipent les ESIS de l’armée de l’air. Les pompiers de l’air sont formés au Centre de formation des techniciens de la sécurité de l’armée de l’air (CFTSAA), implanté sur la base aérienne de Cazaux (33).

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